Deux jeunes Belges, âgés de 18 ans, sont jugés à Nairobi pour avoir tenté de faire sortir clandestinement du Kenya près de 5 000 fourmis reines vivantes, dont certaines appartenant à une espèce rare très recherchée. L’affaire, inédite par son ampleur, a mis en lumière un réseau de trafic d’insectes exotiques à destination de l’Europe et de l’Asie.
Une opération bien planifiée selon les autorités
Arrêtés le 5 avril 2025 dans une maison d’hôtes de Naivasha, les deux jeunes hommes — identifiés sous les initiales D.L. et S.L. — étaient en possession de 2 244 tubes à essai contenant des fourmis vivantes, soigneusement emballées pour survivre plusieurs semaines et éviter les contrôles de sécurité aéroportuaires.
Le Kenya Wildlife Service (KWS), l’agence gouvernementale en charge de la protection de la faune, parle d’une opération minutieusement préparée. Selon l’enquête, les suspects, qui avaient obtenu des visas touristiques, comptaient revendre ces fourmis — dont la précieuse Messor cephalotes, la plus grande fourmi moissonneuse au monde — sur des marchés spécialisés.
"Nous étions naïfs, pas des criminels"
Lors de l’audience du 23 avril à Nairobi, les adolescents ont plaidé coupable de possession illégale mais ont nié toute intention criminelle. En pleurs, ils ont déclaré avoir agi par curiosité et ignorance des lois locales. Leurs avocats ont demandé la clémence, plaidant leur jeune âge et l’absence de casier judiciaire.
Jusqu'à 10 ans de prison ou 135 000 euros d’amende
La loi kenyane est stricte : le trafic d’animaux sauvages peut être puni de 10 ans de prison, 135 000 euros d’amende, ou les deux. Le tribunal a reporté le verdict au 7 mai 2025, le temps d’examiner l’évaluation de l’impact écologique par le KWS.
Une espèce « banale » pour les Kényans, précieuse ailleurs
Cette affaire suscite de l’incompréhension chez une partie de la population locale. Les fourmis en question ne sont ni protégées, ni rares au Kenya, et certains les considèrent comme nuisibles. Mais sur les marchés européens, une colonie peut se vendre jusqu’à 550 euros, selon les spécialistes.
D.L. et S.L. restent détenus à Nairobi, en attendant une décision qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la biopiraterie.
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