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Niger : La junte libère d’anciens ministres du régime renversé

Niger : La junte libère d’anciens ministres du régime renversé

La junte militaire au pouvoir au Niger a procédé, mardi, à la libération d’une cinquantaine de détenus, dont plusieurs anciens ministres du gouvernement déchu en 2023. Cette décision s’inscrit dans la mise en application des recommandations des assises nationales de février, qui ont entériné la prolongation du régime militaire pour une durée d’au moins cinq ans.

Parmi les personnalités libérées figurent Mahamane Sani Issoufou, ex-ministre du Pétrole et fils de l’ancien président Mahamadou Issoufou, Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense, ainsi qu’Ahmed Djidoud et Ibrahim Yacoubou, respectivement ex-ministres des Finances et de l’Énergie. Le président du PNDS, Foumakoye Gado, ainsi que le journaliste Ousmane Toudou et l’ex-ambassadeur Alat Mogaskia, font également partie des bénéficiaires de cette remise en liberté.

Ces figures politiques avaient été arrêtées après le coup d’État ayant porté au pouvoir le général Abdourahamane Tiani, ancien chef de la garde présidentielle. Elles étaient poursuivies pour « complot contre la sûreté et l’autorité de l’État ». Cependant, Mohamed Bazoum, le président déchu, demeure en détention, tandis que des accusations similaires pèsent toujours contre lui, sans qu’aucune date de procès ne soit fixée.

Cette vague de libérations concerne également plusieurs militaires condamnés pour tentatives de coup d’État passées, dont le général Salou Souleymane et trois officiers ayant écopé jusqu’à 15 ans de prison en 2018 pour un projet de renversement du régime d’Issoufou en 2015.

Depuis son accession au pouvoir, la junte nigérienne a adopté une ligne souverainiste, rompu ses relations avec la France, expulsé les forces militaires françaises et américaines, et quitté des organisations comme la Francophonie et la CEDEAO. En parallèle, elle a consolidé ses liens avec le Burkina Faso et le Mali, également dirigés par des juntes militaires, formant ainsi l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce rapprochement s’est intensifié avec Moscou, où les ministres des Affaires étrangères de l’AES sont attendus pour des discussions avec leur homologue russe, Sergueï Lavrov.

Malgré ces décisions stratégiques, la situation sécuritaire reste préoccupante. Le 21 mars dernier, 44 civils ont été massacrés alors qu’ils priaient dans une mosquée dans le sud-ouest du pays, illustrant les difficultés persistantes des régimes militaires à contenir la menace jihadiste.

silabosoona.com

 

 

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